AVC ischémique : des progrès, mais encore des disparités entre hôpitaux
En Belgique, environ 25.000 personnes sont victimes d’un accident vasculaire cérébral chaque année. Un audit mené par l’INAMI et le SPF Santé publique montre une amélioration de l’accès aux traitements en phase hyperaiguë, mais souligne aussi des différences importantes dans l’organisation des soins selon les hôpitaux.
« Time is brain ». Lors d’un accident vasculaire cérébral (AVC), chaque minute compte : environ deux millions de cellules cérébrales meurent en une minute lorsqu’elles ne sont plus oxygénées. Dans ce contexte, la rapidité du diagnostic et du traitement est déterminante pour limiter les séquelles et améliorer le pronostic.
Un audit réalisé par l’Unité Audit des Hôpitaux de l’INAMI, en collaboration avec le SPF Santé publique, dresse un état des lieux de la prise en charge des AVC ischémiques dans 96 hôpitaux belges. Ces AVC, causés par l’obstruction d’une artère cérébrale par un caillot, représentent près de 80 % des admissions hospitalières pour AVC.
Des traitements plus souvent administrés
L’audit met en évidence une progression du recours aux traitements en phase hyperaiguë. La thrombolyse intraveineuse, qui permet de dissoudre le caillot, a été administrée à 18,8 % des patients en 2024, contre 17 % en 2021-2022. La Belgique se rapproche ainsi des meilleures performances européennes.
La thrombectomie mécanique, qui consiste à extraire le caillot directement dans l’artère cérébrale, progresse également. Son taux est passé de 7,2 % à 9,5 %, un niveau comparable aux standards européens.
Cette technique nécessite toutefois une infrastructure spécialisée et une équipe multidisciplinaire. Si 94 hôpitaux pratiquent la thrombolyse, seuls 20 disposent de la capacité de réaliser une thrombectomie. Plus de la moitié des patients traités par cette procédure ont ainsi été transférés depuis un autre hôpital.
Des écarts persistants
Malgré ces progrès, l’audit met en évidence des différences importantes entre établissements. Les taux d’imagerie cérébrale ou de thrombolyse varient fortement d’un hôpital à l’autre. Les délais d’accès à l’imagerie et aux traitements restent également variables.
Les différences régionales sont globalement limitées, mais la thrombolyse est plus fréquente en Flandre (18,9 %) qu’à Bruxelles (16,8 %) et en Wallonie (13,4 %).
L’audit pointe aussi un manque d’enregistrement systématique des indicateurs de qualité. Sur les 22 indicateurs définis au niveau européen pour évaluer la prise en charge des AVC, la Belgique n’a pu fournir des données que pour moins de la moitié.
15 recommandations
Pour les auteurs du rapport, ces constats soulignent la nécessité de mieux structurer la filière AVC, notamment en améliorant l’organisation préhospitalière, les transferts entre hôpitaux et le suivi des indicateurs de qualité. Quinze recommandations ont été adressées aux hôpitaux afin d’harmoniser davantage les pratiques et garantir à tous les patients un accès équitable aux traitements.
· Assurer une permanence des équipes soignantes afin que les traitements soient assurés 24h sur 24.
· Elaborer des directives permettant des traitements adaptés et l’évaluation du patient (gravité des symptômes neurologiques, troubles de la déglutition, suivi de l’autonomie), et ce quel que soit l’hôpital d’admission
· Mettre en œuvre une concertation avec les proches afin de préparer la sortie du patient
· Enregistrer et monitorer certains indicateurs afin de mettre en place une amélioration continue à l’aide d’un plan d’action.
· Améliorer l’organisation du trajet des patients avant l’arrivée à l’hôpital (reconnaitre les symptômes, avertir l’hôpital qu’un patient est en route, etc.) et lors des transferts entre hôpitaux
· Développer un set d’indicateurs et une politique de publication de ces indicateurs.
Le rapport d’audit AVC complet sur est disponible sur le site web de l’INAMI.