Sémaglutide dans l'obésité
La CRM et le ministre de la Santé renoncent au remboursement du Wegovy
Le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke suit l'avis de la Commission de remboursement des médicaments (CRM) de l'INAMI et ne donnera donc pas son feu vert au remboursement du Wegovy, le médicament à base de sémaglutide contre l'obésité.
La Commission de remboursement des médicaments (CRM) ne préconise pas de rembourser le Wegovy et le ministre a décidé de suivre cet avis. Une décision "pas évidente", selon le ministre.
Le Wegovy est un médicament à base de sémaglutide, la molécule de type 'analogue du GLP-1' déjà utilisée avec succès dans la prise en charge du diabète de type 2.
Trop coûteux à long terme
Selon le ministre, des études ont montré que le sémaglutide, associé à des modifications du mode de vie, entraîne une perte de poids plus rapide que la seule modification du mode de vie.
Le traitement est toutefois chronique, donc de longue durée, et représenterait une charge importante pour la Sécurité sociale car les études montrent une reprise de poids dès son arrêt.
Pour le ministre de la Santé, rembourser le Wegovy créerait un précédent pour tout un groupe de médicaments contre l'obésité. Des calculs antérieurs montrent que le traitement médicamenteux, dans un scénario où toutes les personnes éligibles seraient traitées, pourrait coûter des milliards d'euros par an, soit plus de la moitié du budget total des médicaments.
De telles dépenses pour un traitement dont l'effet disparaît dès son arrêt priveraient d'autres patients de soins nécessaires, sans que l'on puisse établir le bénéfice sanitaire pour la population, selon Frank Vandenbroucke.
Des soins appropriés et multidisciplinaires
"L'obésité est une maladie chronique qui, comme toutes les autres maladies chroniques, mérite les meilleurs soins et, surtout, les soins adaptés", souligne Frank Vandenbroucke.
"On ne peut assurer la pérennité d'un traitement chronique qu'en plaçant le patient au centre et en l'entourant de formes de soins et de soutien appropriées, grâce à une collaboration entre les différentes disciplines de santé. Il ne s'agit pas seulement de médicaments, mais aussi d'un accompagnement intensif par des kinésithérapeutes, des diététiciens, des psychologues, et tout simplement d'un mode de vie sain."
Remboursement chez nos voisins français
La France a décidé de son côté de rembourser les deux molécules, mais sous strictes conditions: tant le Wegovy (sémaglutide) que le Mounjaro (tirzépatide), commercialisés respectivement par le danois Novo Nordisk et l’américain Eli Lilly, seront remboursés en France dès la mi-juin, à hauteur de 65 %, par l’Assurance-maladie.
Les conditions de remboursement devraient être une obésité morbide avec IMC supérieur à 40, ou supérieur à 35 avec une comorbidité. Un million de Français, environ, devraient a priori bénéficier du remboursement.
Selon la ministre française de la Santé Stéphanie Rist, ce remboursement serait une première en Europe.