Chirurgie générale

Suite à la pose d'une prothèse

Le comédien français Arnaud Denis, victime d'encéphalomyélite myalgique, euthanasié à Namur

Arnaud Denis
La photo publiée par Arnaud Denis sur son Facebook juste avant son euthanasie en Belgique.

« J’ai tenu, coûte que coûte, pendant trois ans de souffrances atroces. À présent je rends les armes. C’est mon droit. En tout cas en Belgique. Et je salue la profonde empathie, et la délicatesse de l’accompagnement médical que j’y ai reçu. Enfin de l’écoute, du respect pour ma dignité, mon intégrité physique, la prise en compte de ma douleur physique et morale. »

C.V. - 22 septembre 2026

C'est par ces mots que le comédien et metteur en scène Arnaud Denis a quitté la grande scène de la vie, ce mardi 22 septembre, à Namur, où il a été euthanasié. 

Le Français de 43 ans a fait le déplacement en Belgique pour mettre fin à ses jours et abréger ses souffrances.

Opéré d'une hernie inguinale en 2023

« La décision d'Arnaud Denis a été prise en concertation avec trois médecins de Namur. Son corps ne le portait plus. Il en avait perdu la maîtrise. Le décès d'Arnaud Denis est une conséquence des douleurs intenses qu'il subissait depuis de nombreux mois », a expliqué son avocat, Me Philippe Courtois, à l'agence française AFP. 

Le comédien et metteur en scène avait été opéré d’une hernie inguinale droite mi-juillet 2023, avec implantation d’une prothèse en polypropylène, a rappelé son avocat. L’intervention aurait entraîné de « multiples souffrances anormales ».

Retiré en avril 2024, l’implant n’a pas mis fin aux troubles, qui se sont aggravés au point de contraindre l’intéressé à abandonner son métier et de le placer « dans un état d’invalidité sévère ».

Un collectif de victimes

Arnaud Denis avait créé le collectif 'Victimes françaises des prothèses de hernies', qui rassemble des centaines de témoignages sur les effets indésirables de ces implants. Son avocat, Me Pierre Debuisson, dénonce « un scandale sanitaire naissant mais hors norme » et affirme que des « dizaines de milliers de victimes » ne sont entendues ni par le corps médical, ni par l’ANSM, ni par les autorités sanitaires.

Le comédien avait porté plainte contre X pour blessures involontaires en début d'année, mais la plainte a été classée sans suite fin août "pour infraction insuffisamment caractérisée". Cette décision a « d'ores et déjà (été) contestée » par son avocat.

« Ces prothèses ou implants ressemblent à un petit filet de ping-pong », avait confié il y a trois mois le Français, déjà très affaibli et amaigri, à Radio France. « On dirait vraiment un morceau de plastique. Si j'avais vu ce qu'on allait me mettre dans le corps, je serais parti en courant. »

Quelques minutes avant son euthanasie, Arnaud Denis, entouré de ses proches, a publié un ultime message sur Facebook dans lequel il déverse toute sa colère et son amertume. « J’ai toujours pardonné à ceux qui m'ont offensé. Mais j'ai la liste. » 

Un extrait du dernier message d'Arnaud Denis
« À tous les malades de l’Encéphalomyélite Myalgique, dont on nie les souffrances dans le corps médical en France et dans le monde. Il y a urgence sanitaire. Cette maladie neurologique invalidante post infectieuse touche des millions de personnes dans le monde. Des millions, dont des jeunes, des enfants, qui survivent alités dans le noir, dans des conditions déplorables. Je suis en contact avec deux jeunes hommes de 23 et 27 ans, qui vont bientôt avoir recours à l’euthanasie dans d’autres pays, tant leurs conditions de vie sont intolérables. Certains finissent par mourir de malnutrition chez eux, tant les soins son inadaptés. Il n’y a aucun suivi pour les complications physiologiques graves que cela peut entraîner, dont l’instabilité cervico crânienne, la moelle attachée occulte, les fuites de liquide céphalo-rachidien mal objectivées, les compressions vasculaires qui donnent lieu à une sous perfusion cérébrale. Le syndrome de Tachycardie Posturale Orthostatique, les réactivations virales, les anomalies retrouvées dans les muscles, les atteintes du système nerveux central, les ganglionopathies des nerfs rachidiens, l’hypovolémie, rien de tout ça n’est exploré en France. Le financement dédié à la recherche est ridicule par rapport au nombre de personnes touchées. Il faut que ça change. Les gouvernements sont inactifs, et laissent les malades sans espoirs thérapeutiques, dans un abandon de soins déplorable et sans aucune dignité humaine. »

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