Le Risk Management Group travaille à l’élaboration d’un plan interfédéral contre la chaleur
Le plan doit être prêt pour l’été 2027
Le Risk Management Group (RMG) travaille à l’élaboration d’un plan visant à préparer la Belgique aux futures vagues de chaleur. Les médecins généralistes contribueront à identifier les personnes vulnérables, et la pression exercée sur le système de soins de santé sera surveillée.
Durant une phase d’alerte, une attention particulière doit être accordée à l’identification et au soutien des personnes vulnérables vivant à domicile.
Lors de la présentation du rapport de Sciensano sur la surmortalité enregistrée au cours de l’été de cette année (voir pp. 1-4), le ministre de la Santé publique Frank Vandenbroucke a annoncé qu’un nouveau plan canicule était en préparation. Dès le 8 juillet, la Conférence interministérielle (CIM) Santé publique avait chargé le Risk Management Group (RMG) d’élaborer un plan visant à renforcer le niveau de préparation et à préparer la réponse.
« Il est dépassé de parler d’une vague de chaleur “exceptionnelle” », a déclaré le ministre Vandenbroucke. « C’est une nouvelle réalité climatique, et nous devons faire face aux dangers qu’elle comporte. Cela nous oblige à nous attendre à l’inattendu. »
La Belgique dispose déjà d’un plan national ozone et chaleur, mais celui-ci comprend principalement des seuils d’alerte qui déterminent le déclenchement d’une phase donnée et la manière dont la communication doit alors être organisée. « Il faut mettre en place un véritable plan de préparation, avec des mesures et des procédures élaborées à l’avance pour les secteurs concernés », a indiqué Vandenbroucke.
Le Dr Bertrand Draguez, chief medical officer et président du Risk Management Group, explique que le plan reposera sur les principes de gestion de crise, les recommandations de l’OMS relatives aux vagues de chaleur et les expériences des pays voisins.
Une structure de gouvernance claire, avec des rôles et des compétences clairement définis, est essentielle, souligne Draguez. Pendant la phase de vigilance, qui s’étend chaque année du 15 mai au 30 septembre, des valeurs seuils seront utilisées, notamment pour la température et l’ozone, ainsi qu’une évaluation des risques réalisée par le Risk Assessment Group (RAG).
Si le RAG recommande d’activer la phase d’alerte, le RMG se réunira et, si nécessaire, fera appel au Centre de crise National (NCCN) afin de coordonner la réponse.
La population doit recevoir une communication claire et uniforme sur les risques. Le RMG propose dès lors que l’IRM adopte les mêmes niveaux d’alerte pour la chaleur, au lieu des codes actuels vert, jaune, orange et rouge.
Groupes vulnérables
Draguez souligne l’importance d’identifier à temps les personnes vulnérables, par exemple les personnes âgées, les personnes atteintes de maladies chroniques et les jeunes enfants. Pendant une phase d’alerte, une attention particulière doit être accordée à l’identification et au soutien des personnes vulnérables vivant à domicile.
Dans ce cadre, non seulement les services sociaux peuvent jouer un rôle important, mais également la première ligne de soins. Le ministre Vandenbroucke renvoie à cet égard « à l’une des choses qui ont bien fonctionné dans la gestion de la crise du Covid : au début de la campagne de vaccination, nous avons pu identifier très rapidement les groupes vulnérables sur la base des dossiers des médecins généralistes et des données des mutualités. Nous aurons besoin de quelque chose de similaire lors des vagues de chaleur. »
« Mais l’identification seule ne suffit pas », poursuit le Dr Draguez. « Il faut pouvoir prendre contact avec les personnes vulnérables et leur proposer des solutions pragmatiques. »
Le RMG proposera également que les maisons de repos et de soins, les structures d’accueil de la petite enfance et les autres établissements accueillant des personnes vulnérables soient tenus d’élaborer un plan spécifique en cas de fortes chaleurs. Des recommandations ciblées sont également nécessaires pour les mouvements de jeunesse et les camps d’été.
Monitoring
Autre écho de la période du coronavirus : le RMG plaide pour un système de monitoring intégré et en temps réel afin de mesurer l’impact des chaleurs extrêmes sur le système de soins de santé. « Combien y a-t-il eu d’interventions ? Combien d’appels ont été passés aux 112 et 1733, et quel était le temps d’attente ? », cite son président à titre d’exemple. « Actuellement, les différentes phases sont déterminées exclusivement sur la base de la température mesurée. Nous devons savoir quelle est la pression exercée sur le système de soins. »
Dès le début d’une phase d’alerte, le comité Hospital & Transport Surge Capacity (HTSC) devrait suivre la charge dans les hôpitaux, propose le RMG. En cas de dépassement de certains seuils, des mesures telles que le report des soins planifiables et l’augmentation de la capacité d’activité pourraient s’avérer nécessaires.
Communication
L’été dernier, plusieurs acteurs – dont des associations de prestataires de soins – se sont plaints du manque de communication claire de la part des différentes autorités au sujet de la vague de chaleur. Le RMG ne veut pas répéter cette erreur.
Au début d’une phase d’alerte, les supports d’information et de communication nécessaires destinés à certains groupes cibles (comme les personnes âgées, les femmes enceintes, les malades chroniques et les sportifs) doivent être préparés et validés, indique Draguez. Des supports de communication spécifiques doivent également être prévus pour les professionnels et les établissements de santé.
Événements
L’été dernier, il manquait également un cadre clair permettant de décider si un événement pouvait ou non avoir lieu. Le RMG souhaite rendre obligatoire une analyse des risques liés à la chaleur pour les événements organisés par des professionnels, ainsi que des mesures de protection telles que la mise à disposition gratuite d’eau potable et de zones ombragées. Des exemptions seraient prévues pour les événements de petite envergure.
Selon le Dr Draguez, des approches davantage ciblées sur le plan territorial sont nécessaires à cet effet. « Actuellement, la phase d’alerte n’existe qu’au niveau national. Nous pensons qu’il faut examiner la possibilité de mettre en place des phases d’alerte beaucoup plus ciblées, tant au niveau des Régions qu’à celui des communes et des provinces. »
Les principes du plan interfédéral contre la chaleur seront examinés fin septembre lors de la CIM Santé publique. Le plan interfédéral intégré de préparation et de réponse aux fortes chaleurs devra être prêt pour la fin mai 2027.