Médecin recherche assistant H/F compétent et empathique - Être une intelligence artificielle est un plus
‘Transformons tous ensemble la cardiologie’, c’est le slogan choisi cette année par les organisateurs du congrès de l’European Society of Cardiology qui vient de se tenir à Munich. Et si vous vous demandez comment faire, le Pr Thomas F. Lüscher, président de l’ESC, vous suggère d’appeler un ami, l’intelligence artificielle, qu’il adopte en affirmant ceci : « Nous ne devons pas nous demander si l’IA va transformer la cardiologie, nous devons nous demander si nous serons capables de faire preuve de discernement pour orienter cette transformation. »
Mariage heureux ?
Aujourd’hui, les bans du mariage sont publiés. Rien ni personne ne pourra s’y opposer, d’autant plus que la mariée est séduisante. L’IA apporte ce dont nous rêvions lorsqu’on ne parlait pas encore d’elle, une médecine individualisée, prédictive, evidence-based, nous apportant en une minute ce que nous aurions cherché auparavant pendant plusieurs heures.
En 2024, 143.578 publications impliquant l'IA ont été recensées sur le site PubMed, un indicateur de sa popularité. Les spécialités qui publient le plus sont la radiologie et l’anatomopathologie, avec respectivement 25.319 (18 %) et 23.828 (17 %), celles qui publient le moins sont la chirurgie plastique (0,7 %), la chirurgie hépatobiliaire (0,5 %) et l'allergologie-immunologie (0,3 %). L'ophtalmologie et la médecine préventive enregistrent actuellement les taux de croissance les plus rapides.
Médecin recherche assistant H/F compétent et empathique
C’est l’annonce idéale sachant que la question de la compétence ne se pose pas. L’IA est bardée de diplômes, dotée d’un réseau de neurones organisés en couches, échangeant les uns avec les autres en une lointaine analogie avec notre fonctionnement cérébral. Le résultat est une reconnaissance de tumeurs cutanées sur base d’un échantillon d’apprentissage comportant plus de 50.000 images. Le problème est que la plupart des données médicales ne sont pas aussi nettes que des images de mélanomes, ce qui introduit des biais d’interprétation. Un autre problème est la manipulation de données qui, une fois publiées, seront récupérées par les chatbots et intégrées dans les réponses…
Garder son sens critique
Ce sera toute la difficulté pour les années à venir, sans compter quelques dommages collatéraux comme la perte de compétences (deskilling), les hallucinations (une information fausse affirmée avec une totale assurance) ou encore, et plus grave, la déshumanisation des soins.
À l’heure où les grands patrons de l’IA évoquent la possibilité de mettre le pied sur le frein pour mieux appréhender les risques liés à celle-ci, les médecins devront prendre les devants et s’imposer un cadre de fonctionnement. L’ESC l’a bien compris en annonçant la création d’un certificat d’aptitude à manier l’IA. Acceptons-en l’augure pour le meilleur et pour le pire.