4/20 !
La baisse des notes obtenues au concours d’entrée en médecine et dentisterie est patente (lire ci-contre). La chute n’est pas catastrophique : elle atteint 7,1 %, et non 30 %. Elle ne suffit pas non plus à démontrer une baisse générale du niveau, puisque la difficulté des questions varie d’une édition à l’autre.
Les résultats en sciences exactes interpellent : 3,53/20 en physique et à peine 4,05/20 - oui, sur 20 - en biologie. Certes, il s’agit des moyennes de l’ensemble des candidats en médecine, et non de celles des seuls lauréats.
C’est l’une des limites du concours : les candidats sont classés par ordre décroissant et les mieux classés sont admis jusqu’à épuisement du quota, sans devoir atteindre un seuil minimal dans chaque matière. Un candidat peut donc théoriquement accéder aux études de médecine malgré de graves lacunes en physique.
D’aucuns répondront que ces étudiants pourront combler leurs lacunes durant leur première année…
Quid du poids des compétences non scientifiques dans le concours ? La moitié des 160 points porte sur la communication et l’analyse critique de l’information : 20 points pour le raisonnement et 60 pour un ensemble comprenant notamment la communication, l’éthique, l’empathie, la compassion, l’équité et le respect.
Ces qualités sont incontestablement médicales. Sans empathie, un médecin n’est pas vraiment complet. Sans éthique, il pourrait devenir dangereux. Et savoir communiquer un diagnostic, surtout lorsqu’il est peu encourageant, devrait faire partie du « package » de tout bon praticien.
Reste la question de l’équilibre. Un candidat brillant en physique mais totalement dépourvu d’empathie devrait peut-être se tourner vers la recherche. À l’inverse, celui qui excellerait dans les dimensions relationnelles tout en étant incapable de maîtriser les bases scientifiques pourrait envisager une autre profession d’aide. Un futur médecin doit réunir les deux dimensions.