En Inde
Le ministère de la Santé inquiet du succès des premiers génériques anti-obésité
Le brevet du sémaglutide est tombé il y a quelques jours en Inde, pays gros génériqueur. Le ministère indien de la Santé met en garde le public contre le recours sans ordonnance aux nouveaux médicaments génériques anti-obésité mis sur le marché, dont les prix, défiant toute concurrence, attirent de nombreux patients.
Le brevet qui protégeait le sémaglutide, jusque-là fabriqué par le laboratoire danois Novo Nordisk et vendu sous le nom de Wegovy dans sa version contre l'obésité, a expiré vendredi en Inde, l'un des principaux fabricants de génériques au monde.
Plusieurs laboratoires ont aussitôt mis en vente leur version générique et très bon marché de ce médicament à base de GLP-1, qui aide à maigrir en imitant une hormone naturelle qui procure une sensation de satiété. Ces versions génériques du sémaglutide ont fait chuter le prix mensuel moyen du traitement de 15.000 à 22.200 roupies (161 à 236 dollars selon le dosage) à seulement 1.300 à 4.200 roupies (15 à 45 dollars). De nombreux Indiens se sont rués sur la nouvelle molécule, suscitant l'inquiétude des autorités sanitaires.
Gare aux effets indésirables
"La récente mise sur le marché de multiples versions génériques du GLP-1 (...) suscite des questions en raison de leur large disponibilité auprès des pharmacies, plateformes en ligne, grossistes ou cliniques", relève le ministère indien de la Santé.
"Ces médicaments, lorsqu'ils sont administrés sans supervision médicale, peuvent causer de sérieux effets indésirables et des risques pour la santé", ajoute le ministère, en précisant avoir "renforcé sa surveillance" et rappelé à leurs producteurs l'interdiction d'en faire "toute promotion indirecte".
"Ces médicaments n'inverseront pas à eux seuls l'augmentation mondiale de l'obésité", rappelle à l'AFP Simon Barquera, le président de la Fédération mondiale contre l'obésité, en insistant sur l'importance de la prévention et de l'hygiène de vie.
L'Inde entre disette et obésité
Même si, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Inde fournit à elle seule le tiers des mal-nourris de la planète, son essor économique a considérablement élargi sa classe moyenne, qui a changé son mode de vie et ses habitudes alimentaires.
Les statistiques évaluent aujourd'hui à 24% des femmes et 23% des hommes la part des Indiens "en surpoids ou obèses".