Le ministre Vandenbroucke justifie la réorganisation des cliniques du sein
Le ministre fédéral de la Santé Frank Vandenbroucke a justifié lundi la réorganisation des cliniques du sein par une recherche d'expertise, à la suite d'un article de La Libre dénonçant la fin, dès 2027, des opérations du cancer du sein dans 22 petites cliniques.
"Nous portons cette réforme parce qu'un constat médical s'impose : plus un centre spécialisé traite de patientes atteintes d'un cancer du sein, plus les résultats s'améliorent. C'est sur cette réalité que repose la réorganisation en cours. Notre objectif est d'améliorer la qualité des soins et la sécurité des patientes", a indiqué le ministre Vooruit, dans une réaction à Belga.
Si la réforme reste en l'état, 22 cliniques dites affiliées (ou satellites) ne réaliseront plus d'opérations du cancer du sein au 1er janvier 2027, afin de concentrer ces chirurgies dans les grandes cliniques, dites coordinatrices, explique La Libre.
"Une décision prise en dépit du bon sens, qui n'est basée sur aucune preuve scientifique valable".
Chirurgienne oncologue au CHR Haute Senne de Soignies, l'un des sites concernés par la mesure, la Dre Ysabel Struye dénonce "une décision prise en dépit du bon sens, qui n'est basée sur aucune preuve scientifique valable".
Le ministre met quant à lui en avant un rapport du centre d'expertise fédéral (KCE) sur lequel s'appuie cette réforme. Le KCE a analysé l'ensemble du parcours de soins, et pas uniquement les taux de mortalité, fait-il valoir. Il prend également en compte la qualité des actes réalisés, l'organisation multidisciplinaire et le respect des bonnes pratiques cliniques, selon Frank Vandenbroucke.
"Les cliniques affiliées continuent à jouer un rôle essentiel. Le dépistage, les consultations, le suivi et l'accompagnement des patientes restent organisés au plus près de leur lieu de vie. Ce qui évolue, c'est l'organisation de certains actes chirurgicaux spécialisés, afin qu'ils soient réalisés dans les centres où l'expertise est la plus importante."
Cette évolution se met progressivement en place dans le cadre des collaborations interhospitalières existantes. "De nombreuses équipes collaborent déjà étroitement pour assurer une prise en charge coordonnée des patientes tout au long de leur parcours. Nous attendons également les données du Registre du Cancer sur les effets observés depuis l'entrée en vigueur de la réforme à partir de 2024. Elles permettront d'évaluer la situation de manière objective et de poursuivre le dialogue avec les établissements et les professionnels de terrain."