Vague de chaleur exceptionnelle
Canicule : le ministre Coppieters dénonce l'inaction du Premier ministre
Le ministre wallon de la Santé et de l'Environnement, Yves Coppieters (Engagés), a dénoncé ce week-end l'absence de coordination fédérale et pointé directement l'inaction du Premier ministre Bart De Wever (N-VA) face à la canicule qui étouffe le pays.
"Quand il y a une crise majeure à l'échelle nationale, à l'instar de celle du covid, c'est le Premier ministre qui prend les rênes et qui montre la voie", déclarait samedi Yves Coppieters dans une interview au quotidien Le Soir consacrée à la vague de chaleur des jours derniers.
Connu pour ne pas toujours avoir sa langue en poche, le médecin de formation déplore aussi le manque d'argent public pour financer la transition, et l'absence de courage des décideurs politiques à prendre des mesures potentiellement impopulaires.
La Belgique, comme une bonne partie du continent européen, suffoque depuis plusieurs jours sous des températures records, conséquences directes du réchauffement climatique provoqué en grande partie par la combustion des énergies fossiles.
OMS : déjà 1.300 décès supplémentaires dus à la vague de chaleur en Europe
"Une vraie crise sanitaire"
Ce nouvel épisode caniculaire, le deuxième depuis le début de l'année, a placé plusieurs services à la collectivité sous tension, les hôpitaux voyant notamment arriver un grand nombre de personnes affectées par les fortes chaleurs.
"On est dans une vraie crise sanitaire comme on l'a vécue avec le covid. Elle s'inscrit dans un contexte d'absence de transition environnementale et climatique qui nous amène droit dans un mur", selon M. Coppieters.
"Les grands éléments structurels de la société sont en train de se décomposer." - Yves Coppieters
"On a cru que cela n'allait impacter que le système de santé, mais non. Après cinq jours de grande chaleur, l'économie commence à moins fonctionner, l'école s'est arrêtée, les bus ne roulent plus à certaines heures, une partie des maisons de repos n'est pas ventilée normalement, etc. Les grands éléments structurels de la société sont en train de se décomposer", avertit le ministre.
La polémique Theo Francken
Face aux effets de cette nouvelle vague et pour préparer celles à venir, le ministre fédéral du Climat, Jean-Luc Crucke (Engagés), a proposé aux différentes Régions du pays d'organiser une réunion de coordination, mais sans grand enthousiasme du côté flamand.
L'opposition, tout comme une partie de la presse, a fustigé l'inaction des autorités publiques face au défi, celles-ci se bornant à formuler quelques mesures de bon sens comme bien s'hydrater ou éviter tout effort aux heures les plus chaudes.
Hormis le ministre Crucke, les partis au pouvoir ont fort peu commenté ces nouveaux signaux de la crise climatique, sinon pour en minimiser les effets comme le ministre de la Défense, Theo Francken (N-VA). Dans un message sur X, il avait invité la population à profiter de la chaleur pour savourer une bière au bord de la piscine.
Les réactions n'avaient pas tardé, dont celle de l'activiste anarchiste Peter Terryn, 63 ans, qui avait diffusé sur le web une invitation satirique appelant à se rendre au domicile du ministre pour “boire une bière, piquer une tête et faire un barbecue”, selon Het Laatste Nieuws. Le ministre flamand avait très vite rétorqué, estimant qu' “une ligne rouge avait été franchie”.
Interrogé par Le Soir sur cette sortie polémique, le ministre Coppieters ne cache pas son indignation. "Si on était dans un pays normal, un tel ministre serait mis au ban et recadré", tance-t-il. "On ne peut pas dire des choses comme ça. C'est comme si on avait des sortes de complotistes au sein du gouvernement".