À l'UCLouvain, un labo ultrasécurisé pour étudier des bactéries et des virus dangereux
L'UCLouvain se dote d'un nouveau laboratoire de biosécurité de niveau 3, sur une échelle de 4, annonce l'université. Il sera consacré à l'étude de virus et de bactéries susceptibles de provoquer des infections graves. L'objectif est de mieux comprendre la manière dont ces agents pathogènes pénètrent dans les cellules humaines afin d'identifier de nouvelles pistes de traitement.
Seule une poignée de scientifiques spécialement formés pourront accéder à cette infrastructure hautement sécurisée, équipée notamment d'un système spécifique de filtration de l'air et de gestion des déchets.
Des virus comme ceux de la grippe ou le SARS-CoV-2, responsable du covid-19, pourront y être manipulés, tout comme des bactéries responsables de l'anthrax, une maladie infectieuse rare mais potentiellement grave, ou de la tuberculose, qui touche principalement les poumons.
Doté d'un microscope très puissant
Selon l'UCLouvain, le site sera l'un des rares au monde à associer ce niveau de biosécurité à un microscope à force atomique de dernière génération. Il s'agirait du deuxième au monde dans cette configuration, après Montpellier.
Doté d'une pointe extrêmement fine, un peu à l'image de celle d'un tourne-disque vinyle, mais encore plus fine, ce microscope permettra d'observer à l'échelle moléculaire les interactions entre un agent pathogène et une cellule hôte. Il pourra notamment mesurer la manière dont un virus s'attache à la surface d'une cellule et suivre avec une très grande précision les premières étapes de cette interaction.
Les équipes des Prs David Alsteens et Annika Gillis pourront ainsi étudier les mécanismes de l'infection et tenter d'identifier des moyens de les bloquer.
Les recherches de David Alsteens sur le coronavirus ont notamment conduit au développement d'une molécule destinée à empêcher le virus de s'attacher aux cellules et d'y pénétrer. Elles ont débouché en 2026 sur la création de la spin-off Intercept Bio, cofondée par l'UCLouvain et l'UNamur, qui développe un spray nasal contre le coronavirus et d'autres virus respiratoires.
L'équipe d'Annika Gillis poursuivra de son côté ses travaux sur les bactériophages, des virus qui infectent les bactéries, afin notamment de détecter ou combattre des bactéries pathogènes résistantes aux antibiotiques.
Financé à hauteur de 3 millions d'euros par la Région wallonne, le laboratoire sera également accessible aux entreprises et partenaires externes pour leurs projets de recherche et développement. Plusieurs sociétés ont déjà manifesté leur intérêt.